Parler de la mort à ses enfants


Aujourd’hui je n’ai pas de gâteau d’anniversaire, pas de recette, pas d’événement sympa, ni de voyage cool aux quatre coins du monde à vous proposer parce que c’est mon anniversaire et c’est le jour que j’ai choisi pour parler de la mort à mes enfants.

Pourquoi choisir ce jour ?

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Y a-t’il un moment idéal ?

Il n’y a pas de moment idéal pour parler de la mort à ses enfants. Soit il vous est imposé par la force des choses comme un décès accidentel qu’il faut expliquer dans la hâte, soit le sujet est abordé en dehors de votre cercle familiale et soulève des interrogations chez vos enfants, soit au contraire c’est vous qui abordé la question.

En tant que parents on n’aime pas forcément parler de la mort à ses enfants. Ce qui est le plus difficile c’est de trouver le bon moment entre celui qui convient à vos enfants et le moment où vous êtes prêts à leur en parler. Ce qui est certain, c’est que plus la mort concerne une personne proche de vous, plus cela est difficile.

Peut on se préparer ?

Oui plus ou moins. Cela dépends de sa personnalité et de ses convictions. Pour les croyants, l’éducation religieuse prépare normalement à la mort et propose des réponses déjà établies. Pour les non religieux, il faudra chercher vos propres réponses. Ce qui est parfois compliqué, c’est d’être confronter à ceux qui donnent leur avis sur la question à vos enfants avant vous surtout si celui-ci ne correspondent pas au votre ou celui que vous aimeriez que vos enfants trouvent par leur propre moyen.

De nombreux livres existent sur le sujet et parfois s’adressent directement aux enfants. Si certains sont spécifiques à une religion en particulier d’autres abordent la mort de manière beaucoup plus générale et de façon plus neutre.

Voici ceux que je recommande car ils abordent le sujet dans sa globalité sans orientation religieuse.

Les questions des tout-petits sur la mort de Marie Aubinais et Daniel Kerleroux aux Editions Bayard Jeunesse (janvier 2010).

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Et mon préféré, Tétard ne veut jamais mourir de Sylvie Jung et Charlotte Légaut aux Editions Escabelle (24 février 2011).

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Je recommande aussi la lecture du dossier des Maternelles sur le sujet de la mort qui est très bien fait.

A quel âge peut-on aborder le sujet ?

Il n’y a pas d’âge idéal. On peut dire que cela dépend de la maturité de vos enfants mais cela n’est pas simple de savoir si les tous petits n’ont pas besoin eux aussi qu’on leur en parle. En effet même si ils ne peuvent pas parler, ils s’interrogent certainement sur ce qui les entoure. Ce qui touchent les enfants, c’est aussi ce qui touche leurs parents. Ils ont souvent besoin de comprendre les états de tristesse dans lesquels leurs parents se trouvent même si ils ne peuvent pas les exprimer.

Peut-on parler du suicide d’un proche ?

Cela ne devrait pas être un tabou mais c’est un sujet compliqué à aborder avec les enfants car au delà de la mort il y a des problèmes beaucoup plus profonds qui peuvent être en cause.

Comment aborder le sujet et répondre à leurs questions ?

Plus les réponses aux questions exposées sont simples et mieux elles seront comprises. Les questions qui reviennent sont celles dont les réponses n’ont pas été satisfaisantes ou comprises. Certaines questions reviennent souvent.
Il faut aussi faire comprendre aux enfants qu’il n’y a pas toujours de réponses à toutes les questions.
Ce qui est certain c’est qu’il ne faut pas prendre les questions des enfants sur la mort à la légère et qu’il faut prendre du temps pour en parler avec eux.

Faut-il tout expliquer et leur dire ce que l’on pense de la mort ?

C’est un choix personnel mais il faut savoir que c’est aussi important que cela reste un échange. Il ne faut pas se sentir obliger d’exposer toute sa théorie sur la mort mais d’expliquer certains aspects comme la disparition et l’impossibilité de faire revenir les morts ou encore la tristesse que la mort d’un proche provoque.

Doit-on emmener les enfants à un enterrement ou au cimetière ?

La encore c’est un choix personnel. Les enterrements sont souvent très douloureux.
La visite du lieu d’inhumation peut se faire après une cérémonie à l’occasion d’un anniversaire. Elle permet souvent de rendre la mort plus concrète.

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Mon expérience personnelle 

Lorsqu’il s’agit de parler de décès survenus avant la naissance de mes filles, cela me paraît plus simple. Évoquer la mort d’une arrière grand-mère même si c’est douloureux, cela paraît d’en l’ordre des choses. Cela se complique beaucoup plus lorsque nous regardons les photos de mon papa mort en 2004 des suites de son cancer. C’est difficile de contrôler ses sentiments devant ses enfants. Il y a des émotions qui veulent exploser sans prévenir. Parfois il vaut mieux passer à autre chose et y revenir plus tard. Ce qui touchent mes filles c’est de voir ma tristesse. J’aime cependant leur parler de lui qu’elle n’ont pas connu car c’est important pour moi qu’elles sachent d’où elles viennent et qui étaient leurs grand-parents.

Pour moi, ce qui est encore plus difficile, c’est de parler de mort quand il s’agit de personnes que les enfants ont côtoyé et surtout aimé comme ma maman ou encore celle de ma sœur cadette.

En 2010 ma sœur s’est suicidée. Cela a été un très grand choc pour toute la famille et s’est encore maintenant, après 4 ans, un événement très douloureux à évoquer surtout les 4 avril, date de son anniversaire. Mes propres anniversaires sont depuis sa mort un mélange de joie et de tristesse. On ne s’attend jamais qu’une personne même fragile passe à l’acte. Je n’ai personnellement jamais pu aborder le sujet du suicide avec mes filles parce que je n’arrive pas moi même à me l’expliquer.

Un jour peut-être nous en parleront quand elles seront plus grandes.

Alors voilà pourquoi aujourd’hui j’avais envie de parler de la mort à mes enfants parce ce qu’aujourd’hui c’est un jour heureux mais je pense à elle.

12 réflexions sur “Parler de la mort à ses enfants

  1. Je trouve que c’est dommage que tu ne fêtes pas ton anniversaire. Je pense que ta sœur voudra tellement te voir heureuse de la haut. C’est aussi important pour tes filles car tu ne voudrai pas leur enseigner la culpabilité. Dans ma fille on prie pas mal et on prie aussi pour ceux qui nous ont quitté pour rester proches et pour le développement de leur âme. Joyeux anniversaire 🙂

  2. Billet très émouvant, K. Merci pour les recommandations de livres, ici les questions commencent à se poser suite à la morte récente de ma grand-mère en Australie. Je t’embrasse, et te souhaite un anniversaire rempli de belles choses.

  3. bonjour Karine,

    je te souhaite un joyeux anniversaire ou les présents et les absents ne manqueront pas d’être avec toi. j’admire ton courage et t’envoie mes pensées positives pour cette journée.

    embrasse Denis et vos magnifiques petites filles.

    bises de Lorraine Véronique

  4. Bonjour,
    parcourant les recettes de cuisine, je tombe sur votre article qui a en moi un écho. Je me suis retrouvée la semaine passée à sortir un des livres que vous évoquez pour expliquer la mort à mon petit garçon de 5 ans et demi.
    J’ai perdu mon papa il y aura bientôt 2 ans, d’un cancer. A l’époque, j’ai voulu épargner mes enfants (3ans et demi et 6 ans) en les écartant des obsèques et en prenant sur moi pour leur annoncer la disparition de leur papy sans verser une larme. Ils avaient pu le voir 2 jours auparavant.
    Jour après jour, j’ai ravalé ma peine pour présenter mon plus beau sourire à mes enfants, finalement en ne laissant pas de place à leurs émotions non plus. Aujourd’hui mon petit dernier évoque très régulièrement son papy et il était temps de sortir ce livre pour tenter d’expliquer cette absence. Aujourd’hui j’ai pu lui dire que maman a beaucoup pleuré à la mort de papy, qu’on a le droit d’être triste, d’être en colère, qu’on a le droit de ressentir des émotions tout simplement.
    Mon petit bouchon souffre de l’absence de son papy comme je souffre de l’absence de mon papa, et pensant l’épargner je ne lui ai pas laissé la place d’exprimer sa peine.
    Seulement maintenant, je me laisse le droit d’avoir les larmes aux yeux quand on en parle tout en rebondissant sur un rire en évoquant un souvenir joyeux parce que finalement j’aimerais que mes enfants expriment bien plus leurs émotions que moi.

    Je vous souhaite tout plein de courage.

  5. je ne pense pas que ce soit un bien sous tout plan pour parler de la mort à ses enfants tout cela pour se cacher ou s’extérioriser de sa propre expérience. La vie est déjà bien difficile avec tout ce que l’on entend qu’il faut simplement laisser les enfants vivre leur vie d’enfant, il sera assez temps de les briffer à l’adolescence pour les responsabiliser de la vie courante. Beaucoup de parents pensent s’extraire de leur propre vécu à travers leurs enfants et je trouve cela dommageable, tant pour eux que pour les enfants.
    La vie est courte il ne faut pas brusquer les choses, aucune échappatoire n’est vaine pour qui que ce soit. Par contre, un bon entourage et une rencontre avec un psychologue peuvent aider à s’en sortir sans essayer de culpabiliser autrui pour se sentir mieux.

    • Je suis vraiment curieuse de savoir ce que tu répondrai à une petite fille de 6 ans qui vient de perdre sa tante et sa grand-mère en quelques mois et te dit :  » maman je ne veux pas mourir  » ou  » maman mémé me manque  » ?

  6. Merci beaucoup pour ton article !!!!!!!
    Je ne sais pas quoi dire ( peur de blesser, peur de me faire passer pour une donneuse de leçon……), donc voilà, je ne dirais rien !!!!!!!!!
    Courage et bonne soirée !!!!!

  7. Pingback: Ma vie de Courgette | Les délices d'Anais

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